Tout sa tu sais pas trop quand et comment sa a débuté. C'est une accumulation de pleins de choses, dans tous les domaines. T'espère trop, pour rien. T'aimerais qu'il se passe certaines choses qui n'se passeront jamais. En gros tu rêves ta vie. T'as qu'une envie c'est d'te barrer d'ici, tu veux voir autre chose, tu supporte plus la routine, tu supporte plus les gens. Tu t'rend compte qu'au fond t'as jamais été vraiment "heureuse", même si pourtant tu sais que t'as pas à t'plaindre. Bref, quand sa avait l'air bien parti tu finis toujours par être triste ou déçue. Alors tu veux être au dessus, tu veux pouvoir te dire que pour une fois c'est toi qui décide. Tu t'sens trop mal, t'as plus faim donc tu manges plus. "Tu maîtrise ce qui te sert à vivre, donc tu maîtrise ta vie." T'as qu'une envie, c'est être seule, t'as envie de voir personne. Mais une fois que t'es seule t'es déconécté complet, t'es comme un zombie. Ton corps il est là mais toi non. Puis d'un coup t'as comme une montée d'adrénaline, tu t'énerves toute seule, dans ta tête, ton coeur, y'a tout qui va à cent à l'heure. Tu t'met à pleurer, t'as la tête qui tourne, tu tiens plus debout, t'arrive plus à respirer. Crise d'angoisse. Sa t'fais peur. Tu restes allongée sans bouger le temps que sa passe, et tu retombes dans ta léthargie. T'as froid, tout le temps, pasqu'à l'intérieur t'es un glaçon. Tu ressens plus rien, on pourrait t'dire "hey tsai quoi y'a Joey Jordison juste derrière la porte!!" tu répondrais "ah cool." Tu pleures sans savoir pourquoi, la nuit surtout, pendant des heures. T'as que sa à foutre, la nuit tu dors que 2 ou 3h de toute façon. Ton medecin t'emmerde plus qu'autre chose quand il te rapelle que t'as encore perdu du poids. Tout le monde te dis que t'as maigri, que t'es pale, que t'as des cernes, mais toi t'as pas l'impression, t'es dans ton monde. Jusqu'au jour où, tu sais pas pourquoi ce jour plutôt qu'un autre, tu t'rend compte que tu nage dans tes slim, que tes soutif sont trop grands. Là tu t'regarde vraiment dans une glace et tu t'dis "j'fais d'la merde". Mais c'est trop tard, alors tu pleures encore plus. Pasque tu t'rend compte qu'au lieu de tout controler tu t'es juste enfoncé, t'es devenu un putain de sac d'os. Tu t'es éloignée de tout le monde. T'admet que t'as besoin d'aide, mais tu veux déranger personne avec sa. Tu t'sens horriblement seule. Alors toute seule t'essaye de remanger normalement, mais la aussi tu t'rend compte que t'y arrive plus, une bouché en trop et sa t'fait gerber. Tu perds tes chveu par poignées, sa t'fais peur. Sa faittellement longtemps que t'as pas eu tes règles que t'y pense même plus. Tu vas chez l'medecin, il te dit que t'es en dépression anorexique. Tu prend des cachets. "Anorexique". C'est un mot qui fait mal. 1m76 et 48kg. Tu sais pas pourquoi t'es devenu comme sa, t'as jamais voulu ressembler à sa, tu t'aimais bien avant. Tous les jours t'as peur, tu t'sens mal t'ose plus t'regarder en face, t'as honte, tu te trouve immonde. T'es à bout de force, t'as qu'une envie c'est rester allongée toute la journée. T'es devenu agressive avec tes parents, ton frère... Un mot de travers et t'as qu'une envie c'est d'les étrangler. Tellement que t'es énervé t'imagine des choses horribles dans ta tête, pour t'calmer. Tu t'dis que t'as vraiment un problème pour penser des choses pareilles. Chaque jour c'est un nouveau supplice, tu dois retenir tes larmes, te forcer à bouffer, te forcer à rire, parler, marcher. Le soir tu rentres tu pleure tout ce que tu t'es retenu dans la journée. T'as envie de remanger comme avant, pour reprendre du poids...mais t'y arrive pas, et sa t'enerve comme pas possible quand tu vois ces meufs anorexiques justement pasqu'elles veulent pas grossir, et qui en plus sont fières d'être comme sa. Bref, tu t'rend vraiment compte que seule t'y arrivera pas. Toi au moins t'admet tu vois, tu fais pas style "moi j'suis assez forte pour régler mes problèmes toute seule". Tu vas voir une psy. Et puis après, après c'est là que tu reconnais tes vrais amis. Ceux qui ne font pas comme si ils voyaient pas que t'es au fond du gouffre, ceux qui sont là et qui essayent de te remonter un peu plus chaque jour, ceux qui essayent de comprendre et qui trouvent les bons mots, qui t'encouragent. Tu t'rend compte que t'es pas rien à leurs yeux. Ces gens là tu veux pas les décevoir. Jamais. Alors tu fais encore plus d'effort, c'est dur, sa fait mal. Dans ta tête y'a toujours les même peurs, les mêmes obsessions, les mêmes pensées, t'en a marre de tout sa, mais t'as d'la volonté donc tu continues à t'battre...